Mon carnet de voyage en Egypte

 

Baguettes japonaises, Tokyo Smart

Arrivée au Caire

03 mai, 2005

Depuis l'aéroport de Lyon... J'ai l'impression que je poursuis mon voyage en Nouvelle-Zélande et en Australie, comme si ces 8 derniers mois n'avaient jamais existés...
Tous les aéroports se ressemblent (construction de béton et de fer, moquette bleue) cela renforce cette impression.
Une fois dans le bus de piste qui nous amène jusqu'à l'avion je remarque un panneau manquant au dessus de la porte. On peut y voir des vérins, des vis, des tubes amenant l'air comprimé. Je me rappelle soudainement mes 8 derniers mois passés a travailler à l'usine !
Nous arrivons enfin jusqu'à l'avion à hélice (tiens c'est la deuxième fois que je prend ce type d'avion, la première fois c'était en NZ).
Nous volons à basse altitude au dessus des sommets enneigés des Alpes, le paysage est somptueux. Puis nous arrivons à l'aéroport de Milan vraiment très laid, on dirait un entrepôt. J'ai déjà visité Milan c'est une très belle ville !
Puis après avoir pris un autre avion j'arrive à l'aéroport du Caire. Dès l'arrivée les conducteurs de taxis harcèlent les touristes. Ils me disent qu'il n'y a pas de bus. Un autre me dit qu'il a un bus et qu'il peut m'amener en ville pour la "modique" somme de 60 LE (alors que le prix du bus régulier est de 2 LE !!).
Et les taxis continuent... "Do you have taxi ?, Need taxi ?" Le tout est de répondre en souriant et en saluant de la main tout en disant "La shukran" (Non merci).
Des guides "officiels" avec leurs cartes ""officielles"" proposent de me porter aide... tout en faisant tout pour que je ne puisse pas trouver mon bus ! Celà fait parti du folklor et tout le monde reste correct c'est bien là le principal !
J'attend donc mon bus à la sortie du terminal, il est obligé de passer par là puisque c'est la seule sortie ! Je demande à trois gars en costard quel est le bus 356 ils me répondent que c'était celui qui venait de partir... Le problème avec les bus locaux c'est que les numéros sont uniquement écrits en chiffres arabes... Ils sont très faciles a apprendre mais si vous ne le savez pas avant...
J'attend donc 20 minutes de plus et prend mon bus grâce aux trois gars qui me font de grands gestes pour me signifier qu'il s'agissait de celui là . Il s'agit d'un vieux bus blanc avec une ligne bleue et une ligne rouge ainsi qu'un demi-cercle jaune sur lequel sont inscrites les lettres CTA. Attention il y en a plusieurs du même type il faut donc bien demander confirmation au chauffeur... dire simplement "Museum".
Dans le bus je suis le seul étranger... certains dans la rue me regardent d'un air étonné. Je croise de très nombreux taxis noir et blanc, de vieilles Lada, des Peugeot 504 ou des Renault 12 ! Toutes en très mauvais état ! Il y a aussi de très belles Mercedes derniers modèles... le contraste est hallucinant !
Une fois arrivé au centre ville je me met à la recherche du Meramees Hostel chaudement recommandé par mon guide. Je me perd dans une ruelle paumée où tout est cassé. Je croise des gamins qui me sourient et me parlent : "Hello, What time is it, What is your name...". Je croise un gars qui en appelle un autre qui lui aussi en appelle un autre qui m'ammène dans une sorte de bar où des anciens fument tranquillement la chicha. On me présente un gars qui ne parle pas anglais mais qui comprend où je veux aller. Il m'accompagne puis m'indique le chemin à l'aide de grands gestes. Il me demande si j'ai besoin qu'il m'accompagne je luis dit que non et il repart souriant.
Je passe les détails sur les très nombreux racoleurs pour hôtels ou transports... Il suffit de rester zen et poli et tout va bien.
Alors que je me dirige vers l'hôtel un jeune me suit et commence à discuter avec moi (et merde..). Je luis dit que j'ai déjà reservé au Meramees et que j'étais déjà venu au Caire (les 2 choses étant totalement fausses). Alors il me sort qu'il discute juste avec moi car nous allons dans la même direction (ah ah ah). Ensuite il me dit qu'il connait un meilleur hôtel et bien sûr moins cher et nouveau en plus. Je lui dit que non mais ensuite il me propose de négocier le prix au Meramees pour moi (négocier à la hausse bien entendu il faut bien qu'il touche sa commission !) et bien entendu je lui dit que non. Je lui redit que je suis déjà venu et que je connais leurs combines. Il sourit et me sert la main mais ne lâche pas l'affaire pour autant...
Il me sort une carte de l'hôtel en me disant qu'il bosse pour eux et je lui repond que meme moi je peux avoir cette carte et quand je veux ! Arrivé devant le Meramees un gars devant la cage d'escalier qui se prétend le propriétaire de l'hôtel me dit que l'hôtel est complet... Là ça commence à être lourd, au passage il envoi promener le jeune qui m'avait accompagné jusque là !
Pour une raison obscure je me décide à suivre le gars de l'escalier qui a "un hôtel tout neuf avec des chambres pas chères" à me proposer... Je le suis donc et nous arrivons à l'hôtel... après une marche de 800 m au pas de course, moi avec mon gros sac. Le gars se présente il s'appelle Moustapha. Nous arrivons donc au "Claridge Hostel". L'employé me présente une chambre avec salle de bain et 3 lits pour 55 LE ! Je lui fait comprendre que je n'ai besoin que d'un lit ! Il me propose donc une chambre avec 2 lits et un lavabo, les toilettes et la douche étant en commun. Ce n'est pas très propre mais bon je fini par dire oui car j'en ai marre !
Je vois un couple d'européens près du comptoir qui apparement sont là depuis quelques jours... Pour 30 LE j'ai donc une chambre avec 2 lits, un lavabo, un ventilateur plafonnier QUI MARCHE (!) de l'eau chaude 24/24 et une moustiquaire dechirée sur la fenêtre. La vue est imprenable, le mur du bâtiment à côté se situant à 1m50 au plus. En bas je regarde par la fenêtre pour voir des ordures s'accumuler ! Mais bon la chambre est OK et le carrelage parait neuf. Le petit déj est compris.
Ensuite le gars qui m'a ammené jusqu'ici me demande un service. Il voudrait que je lui achète de l'alcool et des clopes avec son fric dans un magasin duty free reservé aux etrangers munis de leurs 2 vignettes sur le passeport. Je reflechis un peu je me dit qu'il m'en restera une et comme de toute façon je n'achète jamais rien aux duty free... Le rendez-vous est pris pour le lendemain 18h00. Ensuite le proprio de l'hotel me propose des tours organisés dans le désert etc, etc... Je lui fait comprendre que ce n'est même pas la peine, il me fait alors son cinema, la tête entre les mains en me disant "why don't you listen to me ?". Je m'installe puis sors rapidement de l'hôtel pour une promenade nocturne.
Il s'agit d'une journée particulière et tout le monde est dehors, les jeunes en particuliers, au passage très bien habillés. Beaucoup de gens viennent me parler, me demande d'où je viens. Quand je dis que je suis français leurs sourires s'agrandissent et ils me disent quelques mots en français et particulièrement "Bienvenue" et parfois "Jacques Chirac"... Je vais jusqu'à la tour du Caire sur l'île de Gezira puis reviens sur mes pas. Je croise aussi un prof de gym à l'anglais impeccable qui m'explique pourquoi il y a tant de monde ce soir. Il me montre une photo de lui en maillot de bain et tout en muscle pour me convaincre que le sport est ce qu'il y a de mieux...
Je suis levé depuis 4h00 du mat' il est 22h00 je vais me coucher...
On arrive facilement à s'habituer au bruit, à la saleté de certaines rues et surtout à la circulation dense et très aléatoire. ABSOLUMENT faire attention en traversant une rue car les voitures ne s'arrêtent pas ! En revanche vous aurez le droit à de nombreux coups de klaxons et appels de phares... je remarque que certains chauffeurs sont plus cordiaux avec les touristes ! La plupart des taxis vous demandent en klaxonnant si vous avez besoin de leurs services... un geste de la main ou de la tête suffit.
Je note que comme il est écrit dans mon guide les hommes se tiennent naturellement par la main ou les épaules dans la rue. Les filles sont pour la plupart voilées mais beaucoup sont cependant habillées à l'occidental avec jeans et hauts moulants... le contraste est amusant !
Ce soir j'ai l'air d'un clodo avec mes pauvres vêtements à coté des jeunes cairotes ! Je vais me coucher pour passer la nuit sur un lit au matelas dur comme la pierre tout comme l'oreiller. A noter qu'il n'y pas de papier toilettes ni à l'aéroport, ni dans les toilettes publics, ni dans beaucoup d'hôtels à bas prix... à bon entendeur...